Les Ateliers d'écriture 2012-2013

Voir Actualités Blog: http://traverse.unblog.fr/ateliers-et-formations/

 

 


Et des premiers films issus des Ateliers avec des Jeunes....

Une biblothécaire borderline, un film de Emilie Pesci réalisé dans le cadre de "Je fais mon cinéma", 2010)

Projection publique: Curieux dimanche, Sésame, hiver -2010-2011

http://www.youtube.com/watch?v=-QjGLA83Byg

(Les films des Ateliers d'été sur l'onglet Multimédias)

Vidéos de Jacques Deglas:

Les ateliers (d’écriture) se font entendre:

http://www.youtube.com/user/TraverseASBL

Curieux dimanche (à la bibliothèque Sésame de Schaerbeek):

http://www.youtube.com/user/TraverseASBL#p/a/u/1/WKYj7n6wvIw

 

 


 

Un essai sur les ateliers d'écriture. Trente années d'animation d'Ateliers d'écriture passées au fil de la mémoire et des réflexions...

 

Coll. Je Contrepoints

La troisième séance

Daniel Simon

Un atelier d’écriture en chantier 

C’est lors de la troisième séance d’un atelier d’écriture que tout est en place : les relations, les exigences, les projets, les désirs de textes, les incertitudes et les tâtonnements inspirés…

L’auteur relate ici ses observations et réflexions, ses interrogations et ses enchantements aussi à propos des relations entre les personnes (les auteurs et les dynamiques qui se mettent en place dans le cadre des ateliers qu’il anime.

Enfin, il laisse émerger, au fil des expériences et des témoignages, des questions et des évidences qui traversent le plus souvent la vie d’un atelier. Créer, c’est aussi rencontrer ce qui advient dans le fil de l’écriture et qui échappe à tout projet…

Daniel Simon : Né en 1952 publie des poèmes, des nouvelles, du théâtre, des essais, anime des ateliers d‘écriture depuis les années 70, dirige la collection Je chez Couleur livres. 

 

Que retient le sac troué de la mémoire ? Des accidents.

J.-B. Pontalis, L'amour des commencements.

Avant-lire              

J’ai commencé ce texte lorsque je vous ai écouté(e)s, participantes et participants aux ateliers que j’anime depuis près de trente-cinq ans. J’ai entendu des vies se déployer dans le cadre des ateliers dans des textes souvent plus forts que ceux que je lisais dans le champ littéraire officiel, j'ai lu des textes qui posaient des jalons extrêmement précis dans la tentative de mise en forme d’expériences, d’observations, de sentiments et d'émotions. J’ai commencé ce texte quand je me suis rendu compte qu’il était temps de tenter de transmettre l’écume de tout cela.. 

Je ne voulais pare écrire une Méthode de plus, un Boîte à outils, il y en a tellement et, comme éditeur, j’ai bien dû en recevoir et lire une dizaine de copiés-collés récents sur le sujet. Quelques livres excellents en la matière existent et le lecteur fera la différence. Il me fallait donc un angle d'attaque, un titre…

Très vite, la troisième séance s'est imposée. D’abord en raison de sa référence au cinéma, qui a été probablement, avec la littérature, la plus belle conquête de l’humanité… Et de ce cinéma, je me suis laissé envahir pendant tant d’années. Puis, les films ont pris le dessus et le cinéma lentement s'est éloigné, dirait-on. Les émissions, les revues, les colonnes de presse lentement se sont dégradées et transformées en plateformes de promotion.

De magnifiques films existaient, bien sûr, mais flottant dans un monde qui n'était plus un univers. Ce cinéma est aussi un magnifique moteur à images dans le travail que j’ai mené dans mes ateliers d'écriture. Le point de vue, le mouvement, la position morale de l'auteur, l’art du dégraissage et de l’ellipse, autant de questions que le cinéma nous offre en partage lors des séances d'ateliers. Cette dimension populaire et universelle du cinéma, la possibilité d’y faire référence pratiquement quand on veut (les supports changent, la virtualité se transforme, mais les films demeurent visibles à n’importe quel moment) est d’une utilité redoutable pour créer des référents communs dans l’atelier. Il faudrait écrire la filmographie d’un atelier comme on déplie une bibliographie en fin de volume. Je me risque en fin de volume à citer quelques uns des plus impressionnants pour moi…

La séance donc s’imposait, comme une idée de plaisir, de sidération parfois, d’endroit et de moment où on s’échappe… Bien sûr, on pourra y voir une référence psy mais en l’occurrence ici, il n’en n'est pas question. Il est question de création, de ce travail qui va dans le jouir parfois, ou qui le cherche, qui le transforme, qui s’occupe de la mémoire, de la mort qui rôde, de l’enfance qui surgit au détour d’une odeur et l’écriture qui réaccorde ces rendez-vous. Parfois dans un texte issu de l'atelier j'entrevois ce qui fit démarrage dans la vie de l’auteur, qui a construit ce qu’il est advenu parce que c’était construit et que le texte le révèle. Comment ? Nous n’en savons trop rien. L'écriture, entre autres, permet de se rapprocher de cette histoire-là et c’est une des raisons qui m’ont amené à animer des ateliers. La séance donc.

Mais la troisième ? La dernière était déjà prise depuis qu’Eddy Mitchell avait lancé sa mythique émission des années 80 qui était ce qu’on a fait de mieux dans le genre «mélancolie-cinéma ». J’ai réfléchi et la troisième s'est imposée d’un seul coup. C'est toujours, quels que soient les ateliers, les rendez-vous, les entreprises que mènent les hommes, à la troisième fois que tout est en place. Dans les ateliers d'écriture, la première séance est ouverte sur les présentations des personnes, des projets, des lieux, des états d’âme, de je ne sais quoi qui transpire, la deuxième séance accueille les premiers écrits, les premières mises en scène d’expérience et, à la troisième séance, les relations et les travaux se sont dépliés pour que la relation individu-auteur se fasse sans rien appuyer. Cette troisième séance est le moment des retrouvailles après le premier travail en profondeur livré par les participant (e)s. A cette troisième séance, les langues se délient mais aussi les exigences des textes; les lectures se mettent en place, tout se joue vraiment. La troisième séance donc…

Qu'avons-nous fait pour que les ateliers d'écriture se déploient aujourd'hui comme une activité d'évidence mise un peu à toutes les sauces, celles du lien, de la thérapie, de la création, de la mémoire, de la dynamique de rencontres, de l'apprentissage de la lecture comme de l'écriture, de la restauration des personnes frappées de guerre, de génocide, de crimes divers, d'abus, de dénis,... L'atelier d’écriture est de plus en plus proposé comme une sorte d’outil de réparation individuelle ou sociale.

Depuis longtemps, le mouvement des ateliers d'écriture a posé la question de l’importance de la restitution du récit de chacune et de chacun par les acteurs-mêmes. Ce besoin des enfants ou des personnes très âgées ne change pas fondamentalement la donne : il s’agit à chaque fois d'approcher cette « masse informe de paroles et de textes » qui est immergée en nous et d'en faire remonter par fragments des morceaux connectés par la pratique de l’écrit. Les groupes d'alphabétisation ont un peu partout mis au point des méthodes dans le rapport à l’appropriation de la langue et des signes que constitue l'environnement des textes et des images dans la vie sociale et privée.

Il me paraît littéralement stupide que l'École, confrontée à une suite d'échecs dans l'apprentissage et même dans le désir d'être , ne s'approche pas plus sérieusement de ces voies de traverse qui ont déjà fait leurs preuves en matière d’appropriation de la langue. Mette en place des passerelles entre l’instruction publique et cette dynamique de formation m'apparaît comme une urgence. L'illettrisme fabriqué par l’école publique deviendra, avec le recul de l'histoire, l’échec le plus tragique de nos démocraties alors qu’elle se gargarise de citoyenneté à tout bout de champ. Mais stop, ceci est chasse gardée… Si mal !

Les ateliers d’écriture donc, depuis cette galaxie de la créativité (entre autres, issue des découvertes en matière d’éducation, de communication dans les années 60 et bien sûr, projetée hors des cénacles par le levier de mai 68, se sont vite imposés dans le paysage culturel. Il s’agissait d’écriture, c’est-à-dire de faire ce qui, avec la lecture et le calcul, est la matière de l’homme libre dans l’école démocratique et d’atelier, c’est-à-dire un lieu ouvrier, un lieu d’artisan, un lieu de matérialité et d’appropriation.

Les années 70 autorisaient tout, le meilleur et le pire mais sans la nécessité de labels. On inventait, on créait, on se plantait, comme on dit vulgairement, mais ça avançait. Puis, les années 80 ont mis à jour trois nécessités urgentes : développer des réflexions, théoriser à partir de ces pratiques récentes, mettre en place les germes de ce que nous appelons aujourd’hui la Formation à l’animation d’ateliers d’écriture (le mouvement Kalame, entre autres en Belgique francophone dans les années 2000) et réfléchir à propos des éthiques, des positions et des attitudes professionnelles. Je pense que, de façon très pudique, la question du marché économique des ateliers d’écriture a été éludée et se pose aujourd’hui, dans le cadre d'une crise culturelle, de références et économique comme un des paramètres de ce mouvement des ateliers d'écriture. Qui paye, comment, dans le cadre de quelles institutions ou associations culturelles ou de loisirs ? Les pouvoirs publics ont une responsabilité dans la métastase des ateliers mais bien peu semble-t-il dans cette réflexion à propos des questions économiques. Rassembler n'est peut-être pas la meilleure façon de différencier des pratiques, mais rassembler est essentiel pour mettre en confrontations les pratiques.

Les ateliers d'écriture se sont développés dans des lieux incongrus et parfois aux limites de ce que j'appellerais la morale. La grande mode a été de mettre des personnes dans des lieux étranges si ce n’est exotiques, dans des lieux chargés d’histoire, etc. Et donc, ipso facto de dévoiler ainsi la dimension de loisirs d’une partie de ce mouvement. La question de l’argent est une des préoccupations, bien sûr aussi, dans l’existence des ateliers. Et cette réalité, dans les années prochaines va être probablement, dans tous les domaines des pratiques créatives et culturelles, une des questions politiques essentielles du secteur. La question du marché, donc.

Les années passant, les ateliers d'écriture ont marqué le pas sur les expériences qui ne se voulaient que ludiques. Des projets, des perspectives de développement, des lignes de conduite se sont dessinés et des familles d'animatrices et d’animateurs se sont créées. Légitime et probablement que nous allons vers des reconnaissances de pratiques de plus en plus différenciées, aux objectifs divergents et aux éthiques politiquement différentes. Je m’en réjouis. Ce qui arrive, me semble-t-il, c'est le temps des Écoles, après le temps des Créateurs et celui de l'Institutionnalisation C’est inévitable de voir la culture glisser vers la formation, puis vers la pédagogie quand elle cherche à jouer son rôle qui est de développer des lieux de libération et en même temps de mettre en place tous les moyens pour en contrôler les effets. Pas trop de collatéral, s’il-vous-plaît.

Dans les ateliers d’écriture, nous avons tenté de déplier des questions de tous ordres, de celles qui constituent la matière de l’individu et de son imaginaire dans des règles collectives, de les aborder de façon intime, ou parfois de façon plus frontale. Mais, à chaque fois, nous avons souhaité ne pas poser la question littérale des limites. Nous savions que nous étions dans l’expérience de lignes de démarcation plus ambivalentes, paradoxales, étranges : celles du corps et du virtuel, du jour et de la nuit, de la vie amniotique à la naissance, de la maladie et de la santé à la mort,...

Des textes libres sur ce qui fait passage sont nés un peu partout. Un rituel intérieur de franchissement a été entendu. Les participantes et participants des ateliers ouvrent une nouvelle pratique de création et d’engagement dans le binôme écriture-lecture.

Un atelier d’écriture, c’est aussi une auberge espagnole : on y mange ce qu’on y apporte. A chaque atelier, nouvelle cuisine. La recette de base est simple : subtile, sévère même et exigeante. Écouter et reconnaître les personnes, travailler sur les textes et construire un projet d’achèvement avec des auteurs. J’écris ici le mot auteur contre le néologisme « écrivant » que certains utilisent à propos de ces personnes actives dans les ateliers. Ce sont, à mon sens, entièrement des auteurs. Auteurs de projets, de textes, de formes.

Et la confusion avec la fonction ou l’état d’écrivain n’est qu’un fantasme excité par celles et ceux qui ne connaissent en rien le matériau et la vie des ateliers d’écriture. Dans les ateliers, l’animatrice ou l’animateur a mission d’aider à faire entendre dans les textes les projets flottants des auteurs. Pas à fabriquer des écrivains. Il se fait que des auteurs naissent des écrivains, avec ou sans ateliers. L’atelier est probablement un accélérateur de particules…

Par le travail de séance en séance, ce flottement disparait et la forme (autrement dit, le style) qui habite chaque auteur se laisse entendre plus vivement, de fois en fois. 

Comment tout cela se passe-t-il ? De semaine en semaine, par exemple, une « consigne » permet un « démarrage » ou un « hors cadre » par rapport à la fameuse inquiétude de la page blanche…

De cette consigne, chacune et chacun tente de laisser émerger lentement en soi ce qui advient à partir de cette fusée. Ne pas se crisper, laisser errer l’esprit tout en le contraignant à ne pas fausser le pas et aller trop ailleurs, voilà le jeu, l’enjeu.

Comment tout cela se passe-t-il ? De mille façons. Bien que la norme soit aussi le danger à l’horizon des ateliers. Une sorte de « drama » de l'écriture se profile, un système d’entrainement comme les anglo-saxons le pratiquent avec talent en lieu et place de nos ateliers dramatiques, qui sont plutôt une façon de pratiquer la mise en condition de création à un art, en l’occurrence ici le théâtre.  Ce style « drama » est en train de se mettre sur pied, lentement, dans le cadre du formatage des méthodes qui est le résidu collatéral des formations trop instrumentales.

Fabriquer de l'écriture reste un enjeu magique et qui subit en même temps, je le sens d’année en année, l’influence du « chacun peut le faire à peu de frais ». Les frais ? Ce sont les risques, les aventures hors contrôle, les expériences limites, bref, ce qui fait que l’écrit fait surgir une part de ce qui ne peut être dit… Les ateliers d'écriture sont passés également par cette phase que le « retour du conte » a connu : mettez en place le nombre d'adjuvants et d'opposants, faites faire trois p'tits tours à votre héros/personnage et l’affaire est jouée, vous avez un conte (le fameux « mécano des contes »)…

Eh bien non, ça ne se passe pas comme ça. Et dans les écoles, les prisons, les hôpitaux, les associations les bibliothèques,… où j’ai animé des ateliers, la première règle que je soulignais était celle du risque, de la tension. Et très vite, tout le monde comprend l’enjeu. L'atelier d’écriture n'est pas un endroit où on s'embarrasse de la psyché de la personne mais bien où l'on accompagne l’émergence de créations qui s'appellent des textes. Et ces textes obéissent ou désobéissent à des lois (compréhension, rythme, musicalité, beauté perçue, avec des outils, grammaire, syntaxe, vocabulaire,…). Jamais je ne me suis permis de laisser croire que la liberté naissait de cette perte de contrôle appelée aujourd’hui dans l’aire du développement personnel baba-cool, le « lâcher prise ». Il s’agit plutôt d’une tension de cet abandon du contrôle partiel et de la tension exercée sur une forme qui naît…

Ne pas se crisper, laisser errer l’esprit tout en le contraignant à ne pas fausser le pas et aller trop ailleurs, voilà le jeu, l’enjeu. Ça c'est le scénario mais en réalité : de moins en moins de consignes et de plus en plus de rappel de trois questions essentielles : quelle est la position du narrateur, de la narratrice ? (Comment elle/il va contrôler et intervenir dans le récit ou la forme ?), comment allez-vous traiter de votre rapport au temps (celui du narrateur, celui de l'auteur, celui du récit) ? Et enfin, comment allez-vous vous déboucher l’oreille à l’écoute de la lecture de votre texte ? Comment y repérer ces clichés qui masquent ce que l’auteur voudrait faire entendre ? Comment instiller dans l’écriture cet état dans lequel l’auteur pressent que se retrouve son personnage et qu’il ne parviendra à rendre qu’en prenant des biais, des latérales.

Écrire en atelier, mais quoi ?

Du théâtre, de la poésie, de la fiction, des récits de vie, tout s’écrit en ateliers. Tout est possible, l’offre est généreuse, de nombreux animateurs se forment, investissent du temps en expériences diverses, se coupent en quatre pour rendre l’atelier le plus convivial possible. Mais ce qui est possible n'est pas toujours réalisable et des résistances se manifestent : celles des difficultés inhérentes à l’expression, à l'estime de soi, à la dynamique de groupes,… bien sûr, mais l’atelier d’écriture, pourrait-on dire aujourd’hui, est suffisamment ouvert et qualifié pour que des recherches personnelles puissent s’y développer de séances en séances. Les méthodes varient mais toujours trois facteurs sont déterminants : la bonne distance de l’animateur à soi-même et aux auteurs rassemblés, la gratification avant toute critique factuelle ou d’ensemble, la qualité de l’organisation des lieux et même la scénographie de l'atelier.

Cette bonne distance est celle qui reconnaît la personne et qui s’attache à travailler avec l’auteur à partir d’une production, d’un texte est essentielle. Les glissements thérapeutiques à la petite semaine sont heureusement de plus en plus exceptionnels.

Ces échanges ont marqué ma vie, littéralement. Je me suis demandé souvent pourquoi je faisais ce travail depuis si longtemps J’avais bien sûr découvert dans les années 70 que je pourrais là chercher, découvrir, transmettre et me faire payer pour cette aventure singulièrement joyeuse. Mais aussi je sais que je rencontrais à un endroit particulièrement sensible des personnes qui, d'année en année, me donnaient à entendre et à lire une part essentielle de la vie commune, celle de notre humanité. Ce que j’y ai lu et entendue a, la plupart du temps, été marqué d’une sincérité et d’un souci de vérité que j’ai rarement rencontré ailleurs. Et je me réjouis encore, à chaque fois, d’être ce médiateur qui peut dire et entendre des expériences de vie qui ne pourraient être prononcées, de cette façon, en-dehors des ateliers…

Aujourd’hui nos savoirs et notre technicité augmentent et il me semble qu’un des enjeux des ateliers d’écriture sera d’oser dire simplement qu’écrire est une des activités les plous nécessaires à l’humain d’aujourd’hui. L’écriture réajuste l’humanité qui est en nous, elle nous donne une colonne vertébrale, elle nous relie, elle nous envoie dans des territoires om nous rêvons d’aller confusément et surtout, elle suspend le temps de l’action, de la vitesse et ouvre à celui qui écrit un sentiment de durée où la conscience peut prendre pied. J’attends le temps où des séances d’ateliers seront prescrites par la Santé publique comme on prescrivait il y a peu une cure à la montagne…

www.couleurlivres.be 




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